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Hanovre, ville durable

Emission du 12 décembre 2009 / Catégories : Politique, Urbanisme

Description

Avec : Hans Mönninghof, adjoint à la mairie de Hanvore, en charge de l’environnement.

Invités

  • Hans Mönninghof, adjoint à la mairie de Hanvore, en charge de l’environnement

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Transcription

Ruth Stégassy : On rencontre ce matin Hans Mani Rauf. Il est adjoint au maire de la ville de Hanovre, et il s’intéresse au plan climatique. Il est en charge de l’environnement et de l’économie.

Hans Mani Rauf, peut-être que vous pourriez nous expliquer votre parcours, pour qu’on comprenne comment vous êtes devenu cet adjoint au maire avec un poste si important.

Hans Mani Rauf : Initialement, j’étais ingénieur civil. Et j’ai commencé par travailler à la planification du port de Hambourg, entre 1974 et 77. Et à ce moment là, on était en train de construire une centrale nucléaire à côté de la ville. Je n’avais aucun engagement politique précédemment. Mais quand j’ai vu ces manifestations contre la centrale nucléaire, le déploiement des forces de police, qui d’ailleurs ont donné des coups de matraque, ça a été des moments assez chauds, intenses, vers 1976-77. Ce moment là, je suis devenu membre de cette campagne antinucléaire. Une fois que j’ai fini dans mon emploi de l’époque, je suis allé à Hanovre, et j’ai créé mon propre bureau d’ingénieur. Pendant une dizaine d’années, j’ai travaillé sur des questions liées à l’énergie. Je me disais : on ne peut pas se contenter d’être contre le nucléaire, il faut proposer d’autres solutions. A ce moment là, j’ai créé cette petite entreprise, et nous avons planifié des panneaux solaires, ce genre de choses. Et très tôt : il y a trente ans. Et la première unité biogaz a été créée par ma petite entreprise, il y a trente ans déjà. Nous étions des pionniers à l’époque. Et c’est ainsi que d’une campagne antinucléaire, peu à peu, je suis devenu autre chose. Je suis entré chez les Verts en 1985. Et je suis même devenu membre du Parlement, ici dans la région, donc en Allemagne du Nord. Et donc, j’ai commencé à me faire connaître chez les Verts, mais plus en tant que technicien, qu’en tant que figure politique.

Ruth Stégassy : Mais qu’est-ce qui vous a fait entrer en politique ?

Hans Mani Rauf : Comme je vous le disais, jeune, je ne m’intéressais pas à la politique. Et puis je m’y suis intéressé de plus en plus, par un côté pragmatique. Je me suis rendu compte que les vrais problèmes n’étaient pas d’ordre technique. C’est-à-dire qu’en fait, les problèmes techniques étaient résolus dès les années 1970. On savait à l’époque déjà faire marcher les biodigesteurs, les panneaux solaires. On savait également que l’énergie atomique n’était pas la bonne voie. Mais il nous fallait trouver le moyen politique de trouver des majorités autour de ces idées. C’est pour cela que je suis entré en politique. Le parti Vert s’est créé au début des années 1980. Et lorsque je suis entré au Parlement, nous avions 7%. Ce n’est pas considérable. Mais il y a deux grands partis en Allemagne, avec les conservateurs et les socio-démocrates. Mais ni l’un ni l’autre, n’avaient la majorité absolue à lui tout seul. Ils avaient donc besoin de l’appui des Verts, pour obtenir cette majorité, ici, à Hanovre. Depuis 1988, nous avons vu que les socio-démocrates ont eu besoin de l’appui des Verts pour se faire élire. Et évidemment, en tant que membre du parti des Verts, nous avions une certaine influence, car ils avaient besoin de nous. Alors, nous avons gagné en importance, de sorte qu’aujourd’hui nous atteignons quasiment 15% des voix. Et les autres partis en sont venus à reprendre des parties de notre programme à nous, pour essayer de nous grignoter quelques points de pourcentage. Mais sans succès. Donc nous avons cette base, ce socle de 15% des voix. Nous nous sommes consolidés, et ce sont les autres partis qui ont incorporé peu à peu dans leur programme des éléments de politique environnementale et durable.

Ruth Stégassy : Comment se sont passées les négociations avec le SPD ?

Hans Mani Rauf : Cela s’est fait sur un très long délai, c’est une longue histoire. J’occupe mes fonctions depuis 20 ans. Je suis directeur de l’environnement ou pus, de l’économie, on y reviendra tout à l’heure. Et lorsque nous avons commencé, les choses étaient très difficiles. A Hanovre, les socio-démocrates avaient une majorité absolue depuis plus de 40 ans. Et évidemment, il avaient du mal à accepter qu’ils n’étaient plus les seuls. Ils pensaient qu’ils étaient les seuls, mais ils n’avaient pus de majorité absolue.

Les choses ont été difficiles. Mais peu à peu, les politiques se sont rapprochées, et puis les socio-démocrates eux aussi ont incorporé des éléments de politique environnementale dans leur programme ; les gens se sont connus. Et nous avons d’ailleurs connu des succès communs, de sorte que depuis une dizaine d’années, nous travaillons vraiment sans difficultés particulières, en bonne entente.

Ruth Stégassy : Mais essayez de vous souvenir, donnez-nous des exemples, en dehors du fait qu’ils étaient obligés de partager le pouvoir avec vous ; Est-ce que vous apportiez des choses qui étaient complètement étrangères à leur culture ? Est-ce que vous avez eu des exigences, des revendications, qui étaient jugées scandaleuses ?

Hans Mani Rauf : Hé bien par exemple, le fait d’avoir un département de l’environnement. Ca, c’était une vraie nouveauté. Jusqu’alors, la politique environnementale n’existait pas. Ou alors, elle était tout à fait accessoire. Et la première chose que les Verts ont faite, ça a été de créer ce département de l’environnement, et d’y placer évidemment un Vert, à la tête du département. En l’occurrence, ce Vert c’était moi. Donc, j’étais un membre de l’administration, je n’étais pas un élu. Je n’étais pas non plus là en tant que Vert : j’ai en fait été nommé à ce poste par le conseil municipal pour une durée de 8 ans. J’ai été réélu, et j’en suis à mon 3ème mandat.

Ruth Stégassy : Vous ne vous êtes jamais présenté à une élection ?

Hans Mani Rauf : Non, moi pas personnellement. Maintenant, les Verts ont bien sûr 9 membres qui siègent au conseil municipal. Ce sont de gens qui ont été élus pour un mandat de 5 ans. Moi je suis un représentant de l’administration, et je suis élu par le conseil. C’est assez différent du système français, en ce sens que nous avons un maire qui est le chef de l’administration. Il est entouré d’un conseil municipal. Et dans son administration, il a 5 suppléants. Et je suis un de ces 5 suppléants. Et je suis le coordinateur, le numéro 2. Je suis également son suppléant pour toute la gestion administrative, ce qui n’est pas le cas de mes 4 collègues. Il a certains suppléants qui portent le titre de maire, mais qui sont en fait des représentants uniquement : ils sont des membres du conseil municipal, mais ne font que représenter le maire.

Ruth Stégassy : Mais vous n’avez jamais eu envie de passer de l’autre côté de la barrière ; de devenir maire à la place du maire, par exemple ?

Hans Mani Rauf : Non, je n’ai pas de vocation politique. Ma force précisément, est que je peux organiser des processus politiques et des projets politiques. Tout le monde le sait. On sait que c’est moi qui organise les politiques durables côté administration ; on sait que les Verts sont derrière moi.

Ruth Stégassy : D’accord. Hans Mani Rauf, vous aviez une philosophie, des idées, une vision. Quels étaient vos buts lorsque vous êtes arrivé. Et surtout, comment est-ce que vous avez réussi à mettre en œuvre ce que vous souhaitiez voir arriver ?

Hans Mani Rauf : Je ne le répéterai jamais suffisamment : ce n’est pas exact, ce n’est pas ma vision à moi exclusivement. J’ai toujours eu le sentiment de faire partie d’un mouvement.

Ruth Stégassy : Pourquoi est-ce que c’est si important ?

Hans Mani Rauf : Bien souvent, les médias aiment bien mettre en avant les personnes. Et il est vrai qu’il faut des gens pour faire de bonnes choses. Mais ça ne suffit pas ; il faut aussi des majorités. Et l’idéal bien sûr, c’est lorsque l’on a à la fois de fortes personnalités, et des majorités suffisantes pour agir. Précisément, à Hanovre, on a les deux. Ca nous facilite beaucoup la tâche. Il est important pour moi de toujours montrer que ma majorité, le conseil, la population de Hanovre est derrière moi. Cela me donne de la force.

Et lorsque j’ai commencé dans les années 1980, il y a eu un petit mouvement qui a travaillé sur l’énergie. Il y avait un mouvement antinucléaire en Allemagne, et qui travaillait main dans la main avec le parti des Verts. Donc très tôt, à Hanovre, la majorité socio-démocrate a décidé que la ville de Hanovre devait ne plus dépendre du nucléaire. Début des années 1990, notre compagnie de distribution d’électricité municipale, qui distribuait à la fois pour la ville et pour les communes alentour, a reçu pour ordre de ne plus acheter de l’électricité d’origine nucléaire, de créer ses propres centrales. Il y en avait certaines déjà, mais il fallait continuer surtout à les développer en cogénération. Et donc, à la fin des années 1990, grâce à tout cela, à Hanovre, ne fonctionnait plus du tout au nucléaire.

Voilà un bon exemple de vision. Initialement, il y a une décision de la majorité dans le sens que nous voulions. Et, dans certains pays, ou dans certaines villes, parfois, on a de très bonnes décisions qui sont prises. Mais après cela, personne n’est là pour veiller au grain, pour vérifier que les choses sont effectivement mises en œuvre. Donc moi, je suis là pour ça. Je suis là, pour faire en sorte que les décisions prises par la majorité prennent corps effectivement.

Ruth Stégassy : Mais ça, ça amène une autre question. Parce que quand vous êtes arrivé, le corps administratif était déjà constitué, les gens étaient en place. Alors comment est-ce que vous avez fait ? Est-ce que vous en avez amené d’autres, est-ce que vous avez travaillé avec les gens sur place ? Est-ce que vous étiez plutôt autoritaire, ou plutôt adepte de la participation ? Est ce que vous disiez : voilà ce que je veux, et c’est comme ça qu’on doit le faire ?

Hans Mani Rauf : Avant la mise en place de la coalition, il n’y avait pas de responsable de l’environnement. Donc les débuts ont été difficiles. Par exemple pour moi, en tant que directeur, on n’avait pas prévu de bureau ! Ici, dans la municipalité, dans cette mairie, il n’y avait pas une petite pièce pour moi. Parce qu’on ne voulait pas me voir arriver ici. Donc initialement, on m’a fait asseoir un peu où je pouvais. Aujourd’hui on en rit, évidemment. Aujourd’hui, je suis adjoint au maire, et j’ai un très beau bureau. A l’époque, c’était inconcevable.

Donc, j’ai commencé à monter mon équipe, en combinant la protection de la nature, sur la gestion des déchets… Une soixantaine de personnes au total. C’était notre premier groupe d’électrons libres.

Ruth Stégassy : Où est-ce que vous les avez trouvés, ces gens là ? Les avez-vous choisis au sein du parti des Verts ?

Hans Mani Rauf : Non, ils venaient de différentes administrations. Et c’était une très bonne chose, je pense. Parce qu’ils ont voulu montrer ensuite quand ils sont retournés dans les services, que ça marchait. Et quelques années plus tard, l’administration est revenue me voir. Donc j’avais à ce moment là dégraissé le département de l’environnement. Et ces fameux électrons libres que j’avais eus initialement, avaient regagné l’administration normale. De sorte qu’avec le temps, toute la gestion durable des déchets, la gestion de l’eau, la gestion du bâti, prennent de plus en plus d’importance dans ces administrations ; grâce à ces gens là.

Vous prenez la gestion de l’eau à Kronsberg par exemple. On était sur le point de construire 3000 logements. Ca allait faire beaucoup d’eau qui risquait de retourner à la rivière. J’ai dit au département de l’urbanisme qu’il fallait développer un concept qui ferait que les eaux de ruissellement s’infiltrent à nouveau dans les sols. Ils ont commencé à s’agiter un petit peu. Mais au bout d’un an de réflexions, ils se sont dits également ce qui se faisait de mieux dans les autres villes. Ils se sont dit : bon voilà, on conçoit notre propre système. Et au final, ils ont été très fiers de ce qu’ils avaient créé.

Ruth Stégassy : Ce qui est intéressant dans cet exemple, c’est que vous leur avez montré une direction ; vous ne leur avez pas dit comment faire. Ils ont inventé eux-mêmes la façon d’y parvenir.

Hans Mani Rauf : Absolument. Il faut leur donner un but, un objectif, et un cadre politique. Et c’est comme ça qu’on a travaillé depuis le début. Il faut les deux : et le cadre, et le but. Si on leur avait dit d’entrée de jeu : faites ce que vous pouvez, évidemment, ils ne seraient jamais allés aussi loin. On leur a fixé un objectif ambitieux, avec évidemment un cahier des charges technique qui puisse être réalisable. Mais après, la mise en œuvre concrète, c’est eux que ça concernait. Et c’était leur affaire. Alors on leur a dit : allez parler aux médias, allez assister aux conférences. Et c’est eux ensuite qui vont présenter leur projet, le défendre. Et ils montrent que ce sont eux, les responsables.

Ruth Stégassy : D’habitude, c’est l’administration qui est l’obstacle principal par rapport aux décisions politiques. Donc le fait que vous étiez la personne clé à la tête de l’administration vous a conféré en fait un pouvoir pragmatique tout à fait original.

Hans Mani Rauf : Oui. C’est très intéressant. Et c’est pour ça que j’aime ce que je fais. C’est-à-dire que j’ai toujours travaillé vraiment dans le concret. Les scientifiques par exemple, les chercheurs, travaillent sur un modèle, sur un projet, très bien. Mais moi, cela fait 30 ans que je travaille sur les questions énergétiques. Donc moi, les modèles et les projets, ça ne me suffit pas. Donc quand on a annoncé le quartier de Kronsberg, je voulais qu’on mette en pratique l’état de l’art sur ces 3000 logements. Nous avions donc 600 logements à mettre en place, des écoles. Nous voulions donc que ce soient les nouveaux standards qui soient appliqués.

Ruth Stégassy : Bon, mais si on en revient à ma question. On parlait d’obstacles, et en fait je me demandais si ces obstacles n’étaient pas venus des lobbies économiques par exemple. Et donc, est-ce que c’est vous qui avez souhaité être à la tête du département économique, parce que c’était stratégique pour vous ? Ou bien est-ce que vous avez été nommé là par pur hasard, par chance, - parce que c’est vraiment une chance - ? L’histoire, qu’est-ce que c’est ?

Hans Mani Rauf : Non. La vérité, c’est que j’étais à ce poste depuis 16 ans. C’est énorme. Et, j’avais 55 ans ; je me suis dit : ça suffit, je ne vais pas rempiler encore une fois pour 8 ans. Moi précédemment, je n’avais jamais fait plus de 3 ans au même poste. Et je trouvais que 16 ans, ça faisait beaucoup. Alors j’ai décidé de partir, pour faire quelque chose d’autre.

Mais les Verts sont venus me trouver en me disant : et qu’est-ce que tu dirais de prendre le département économique ? Il se trouve que le directeur du service économique devait partir justement à ce moment là. Il y avait deux départements, et lui était sur le départ. Je me souviens, c’était un soir, on avait un peu forcé sur la bière. Et il y a quand même des arguments : un seul directeur au lieu de deux, ça va faire des économies. En plus, tout le monde te connaît. On sait que tu es tout à fait capable de faire les deux choses à la fois.

Et oui, c’est une très bonne idée de rapprocher l’économie et l’environnemental. Alors on m’a dit : tu es d’accord ? Chiche ! Et j’ai répondu : c’est une super idée. Et j’ai continué à boire, mais j’étais absolument certain que les socio-démocrates ne marcheraient jamais. Un mois plus tard c’était fait. C’est-à-dire que l’environnement et le développement durable ont effectivement beaucoup plus d’influence quand on a aussi des responsabilités en matière économique. Donc ils ont décidé de rapprocher ces postes. En principe, ce seraient des discussions très difficiles. Parfois, des discussions difficiles se trouvent ainsi simplifiées.

Par exemple, je suis responsable de la gestion du foncier, puisque la ville est propriétaire de nombreux terrains. Alors j’ai mis en place une politique qui disait : nous souhaitons vendre une parcelle, et deux acquéreurs se proposent. Nous allons donner la parcelle à celui qui aura le meilleur concept en matière énergétique. C’est-à-dire que nous n’allons pas faire une surenchère du prix : le prix est fixé dès le départ. En revanche, c’est le concept énergétique qui va l’emporter. C’est un moyen de décider qui est très clair et très net, et qui nous a permis de multiplier les maisons passives. Il y a même un supermarché passif qui est une construction. Et c’est grâce à ce mécanisme qu’on a pu mettre en place ce type de bâtir, disant : voilà, que le meilleur environnementaliste gagne.

Alors vous voyez, ça a l’air tout simple. Et pour ça, il faut aussi avoir une prise sur la décision économique.

Ruth Stégassy : Alors, il y a un autre sujet : c’est celui du foncier. Lorsqu’une municipalité possède elle-même beaucoup de terrains, ça lui donne une force pour gérer le développement de l’urbanisme. Alors, quelle a été la politique de Hanovre en la matière ? Est-ce qu’à l’instar des pays communistes, la ville est propriétaire de beaucoup de terres, ou bien est-ce qu’au contraire, vous avez des difficultés avec un certain nombre de propriétaires privés ?

Hans Mani Rauf : Depuis longtemps, depuis la 2ème Guerre mondiale, et même davantage ; nous avons toujours acheté des fermes, accompagnées de toutes leurs terres, pour empêcher justement la spéculation par le propriétaire de la ferme. Ou on achète une ferme, les terrains sont laissés de côté, puis deviennent constructibles, et permettent la spéculation. Donc moi j’ai un budget annuel de 10 millions d’euros par an pour acheter. Et j’ai promis à mon maire que je vendrais chaque année du foncier à hauteur de 16 millions d’euros. Cela permet de faire rentrer de l’argent dans les caisses de la ville. Je me suis engagé su ce montant à faire rentrer, si je reçois de mon côté un budget de 10 millions d’euros. Ca c’est ma petite cuisine personnelle pour l’achat en foncier.

Ruth Stégassy : Et les transports ?

Hans Mani Rauf : Le transport, je ne m’en suis jamais occupé. J’ai déjà assez de chats à fouetter ; j’ai déjà assez d’ennemis et d’amis. Le transport, c’est un domaine très compliqué. Donc je laisse ce à mes collègues.

Ruth Stégassy : Qui sont vos ennemis ? Vous dites que vous en avez suffisamment.

Hans Mani Rauf : Alors en ce moment, les plus coriaces, sont des ennemis qui sont justement liés à la question des transports. Il se trouve que nous avons un club automobile national. L’année dernière, nous avons mis en place une zone environnementale dans la ville. C’est un périmètre qui est interdit aux voitures. Est-ce que vous connaissez le système de la norme qui est appliquée aux voitures, au plan national, donc ? Il y a une petite vignette. Si la voiture est polluante, vous n’avez pas de vignette du tout. Si c’est mauvais, vous avez la vignette rouge, orange, et ainsi de suite.

Or, depuis l’année passée, nous avons interdit tout un périmètre, à peu près la moitié de la surface urbaine - où justement vit la population – aux véhicules qui n’ont pas de vignette. Nous avons ensuite étendu ça aux vignettes rouges. Et à partir de 2010, nous allons ajouter la vignette orange. Il n’y a que deux villes qui font cela, en Allemagne.

Evidemment, c’est pour cela que le club automobile allemand est mon meilleur ennemi.

Ruth Stégassy : Et qui sont vos alliés ?

Hans Mani Rauf : Des alliés, j’en ai beaucoup, y compris d’ailleurs avec les associations écologistes : nous nous entendons très bien. Une chose qu’il faut que je dise : depuis 20 ans, je n’ai jamais lancé le moindre financé le moindre groupe écologiste ; Pourquoi ? Lorsqu’on leur donne de l’argent, ils se trouvent en situation assez délicate, compliquée. Parce que les associations se disent, ou peuvent s’imaginer, qu’elles doivent faire ce que vous attendez d’elles. Ce sont des situations délicates.

Donc lorsque je suis arrivé à ce poste, j’ai décidé qu’on allait financer plutôt une maison des associations écologistes. Nous avons payé le local ; donc ils payaient juste une toute petite contribution au loyer. On a payé les frais généraux, et ces associations pouvaient s’y installer. Précédemment elles étaient dispersées dans toute la ville. Et maintenant, elles sont toutes réunies. Je ne mêle pas de leurs affaires, mai c’est une bonne alliance, je crois.

Ruth Stégassy : Oui, mais ça c’est une alliance évident, Hans Mani Rauf. Est-ce que vous avez conquis de nouveaux alliés, des gens auxquels vous ne vous attendiez pas ?

Hans Mani Rauf : Oui. Dans le secteur économique, notamment avec les entreprises, ça se passe plutôt bien, vous savez. La coalition est toujours rouge-vert, à Hanovre. Et ils le savent. Et ils savent très bien qu’il ne sert à rien de travailler contre nous, parce qu’ils ont besoin de certaines choses. Ils ne se trouvent pas dans une situation où il va suffire d’attendre un ou deux ans, pour voir arriver une autre majorité. Et lorsque j’ai pris mes fonctions de directeur économique, j’ai visité 100 organisations et entreprises, tous les jours, les 100 premiers jours de mes fonctions. On me connaissait bien sûr pour mon travail dans l’environnement. Les trois grands journaux de la ville ont alors mené campagne à ce moment là contre moi, pour essayer d’empêcher ma nomination. Ils ne voulaient pas évidemment qu’un Vert soit placé au département de l’économie, en l’occurrence. Et donc, les débuts ont été très difficiles. On disait : mais il n’y connaît strictement rien à l’économie. Donc à ce moment là, j’ai décide dé prendre le contre-pied de ce qu’ils disaient, et j’ai dit : vous avez raison, pour l’instant, je ne sais rien, mais je vais apprendre. Et donc, les 100 premiers jours, j’ai visité une entreprise par jour. Evidemment, le collègue qui m’avait précédé dans cette fonction, n’avait jamais fait ce genre de visite, et n’en avait pas fait autant durant tout son mandat, que je n’en ai fait pendant mes 100 premiers jours. Donc j’allais voir ces gens là, et je leur disais : qu’est-ce que vous avez comme problème avec la ville ? A votre avis, comment puis-je vous aider ? Et que pouvez-vous faire de votre côté pour aider la ville ? C’étaient mes trois questions. Et après chaque rencontre, le soir, j’écrivais tout dans une sorte de journal, que je tenais. Et au bout de 100 Jours, j’ai fait ma première conférence de presse.

Et à cette occasion, j’ai gagné une certaine image, de celui qui apprend vite. C’est vrai qu’il ne savait pas grand chose initialement. Mais là, on voit qu’il est là, il va y rester, et il a l’air de se mettre au travail. Donc autant faire avec.

Ruth Stégassy : Cette histoire me fait penser au fait que dans les politiques durables de villes, on entend souvent parler de l’importance du porte-à-porte. Vous savez, les gens qui vont chez les particuliers, pour leur expliquer un à un comment il faut économiser l’énergie, leur donner des conseils, les informer. D’une certaine manière, c’est ce que vous avez fait aussi. Mais alors se pose du coup aussi la question de l’échelle. L’échelle pertinente pour agir à Hanovre, qui est une très grande ville, avec plus de 500000 habitants. A votre sens, quelle est la bonne échelle pour résoudre les problèmes que nous devons affronter, comme le changement climatique par exemple ? Est-ce que c’est l’échelle de la ville, ou faut-il au contraire remonter vers un niveau plus haut ? Ou alors être au plus près du terrain, rester en contact avec les habitants ?

Hans Mani Rauf : C’est difficile de répondre de cette manière. Dans bien des cas, je reste convaincu que les choses doivent être organisées à l’échelon national ou européen. Vous aurez beau faire des milliers et des milliers de visites, si le cadre n’est pas bon, ça ne servira à rien. En revanche, si on a éduqué correctement, et diffusé correctement les idées, c’est une bonne chose, nécessaire, mais non suffisante. Une fois que vous avez cette partie, effectivement, le niveau local est meilleur que l’échelon national.

Et il est vrai d’ailleurs que nous faisons beaucoup de choses ici au niveau des quartiers, à l’intérieur de la ville. Par exemple, nous sommes en train d’essayer un nouveau programme en ce moment. On essaye de convaincre les gens chez eux à la maison. J’ai pris trois professionnels, plus un groupe de 10 personnes : 10 immigrants de Pologne, de Russie, de Turquie. Des immigrants qui sont accompagnés par ces professionnels, et qui étaient sans emploi. Ils ont donc été formés. Et maintenant, effectivement, ces 10 personnes font du porte-à-porte, chez leurs compatriotes ; chez des gens dont ils parlent la langue, et dont ils partagent la culture. Et ils leur apprennent à économiser l’eau et l’énergie. Alors la formation de ces 10 personnes ne nous a rien coûté, puisque c’étaient des gens qui étaient dans un programme de retour à l’emploi. On ne peut pas faire cela évidemment pour 200000 ménages ou foyers ; donc on a travaillé sur 500. C’est un petit niveau local Et c’est un bon niveau pour travailler en réseau, que l’échelon local, effectivement. Parce qu’on connaît tout le monde.

Ruth Stégassy : Mais alors pourquoi est-ce que la ville de Hanovre est en train de se fondre aujourd’hui dans une entité plus large : la région de Hanovre ?

Hans Mani Rauf : Alors, c’est une histoire un peu différente, mais qui est une vraie réussite. Nous avons 100000 habitants à Hanovre, et une agglomération de 600000 personnes. Et il y avait des problèmes sociaux dans l’agglomération, puisque les municipalités les plus riches étaient en fait dans cette agglomération. Nous avons adopté une loi, qui a fait que nous avons regroupé ces municipalités au sein d’une région, laquelle région a différentes fonctions. En principe, une ville comme Hanovre aurait ses prérogatives ; nous y avons renoncé. Par exemple, le transport public, la gestion du trafic, ne relèvent plus aujourd’hui de la municipalité, mais de la région. La gestion des déchets également, qui était municipale, est aujourd’hui régionale, ce qui permet de mieux l’organiser au niveau de l’agglomération, et de mieux la gérer. Egalement pour les centres hospitaliers, sui sont gérés au plan local.

Alors la région, c’est aussi une forme de niveau local, mais plus élevé. On a un parlement, qui est élu directement par la population. Il y a un président, qui est élu également par la population, qui est doté de certains pouvoirs. Et donc nous, nous déférons une partie de nos prérogatives municipales. Par exemple, je vous disais que je ne suis pus responsable de la gestion des déchets, et j’ai transféré cette compétence.

Ruth Stégassy : Hans Mani Rauf, la ville de Hanovre appartient à un réseau de villes Alliance-climat, qui s’est doté d’un programme ambitieux, de réduction des émissions de gaz à effet de serre : le programme 2020.

Hans Mani Rauf : Oui. C’est très intéressant. Nous avons lancé notre premier programme Energie en 1993, et nous l’avons bouclé en 2005. Et il n’a peut-être pas donné tous les résultats que nous avions escomptés. A vrai dire, rien n’a vraiment marché les dernières années. Si vous regardez bien, vous verrez que personne n’a réussi ces dernières années. Alliance-climat disait que nous devions réduire es émissions de 25% entre 1992 et 2005. Mais les gens ont besoin de plus en plus d’électricité ; il a de plus en plus de circulation, de plus en plus de transport.

Et ce qui est intéressant, c’est que comme nous réfléchissons sur le long terme, hé bien c’est la même entreprise et le même cabinet qui a fait l’audit de départ, qui a aussi organisé les mesures en 2006. Je crois que nous sommes la seule ville au monde à savoir dans le détail, et de manière mesurable, ce qui a effectivement changé. Et nous savons que nous avons réduit les émissions de CO2 de 7,8%. C’est l’un des meilleurs résultats d’Allemagne, y compris le transport routier et aérien. C’est un chiffre très exact, l’un des plus fiables, je crois.

Et je crois que seules les villes qui sont passées au nucléaire, ont obtenu de meilleurs résultats que la nôtre.

Ruth Stégassy : Et qu’est-ce que vous pensez du succès des villes scandinaves (Stockholm par exemple) ? Elles ont atteint des réductions bien plus importantes des émissions de gaz à effet de serre.

Hans Mani Rauf : J’ai dit que personne en Allemagne ne franchissait le cap des 8-9%. Vous avez raison ; il est vrai que les Scandinaves font mieux parfois, parce qu’ils ont davantage recours à l’eau et au bois, dans certaines situations. Donc nous avons estimé que ce n’était pas suffisant. Et nous avons lancé un processus très intéressant, impliquant toutes les parties prenantes de la ville. Et c’est là que ma double casquette prend tout son intérêt. Par exemple, j’ai créé un groupe qui rassemble l’industrie, les gros propriétaires fonciers, et également un représentant de l’administration. Ce processus a été mis en place, il a duré 8 mois. Il a été inauguré par notre maire. Il a été clôturé également par notre maire. Et tous les participants – les entreprises, les partis politiques, toutes ces organisations, y compris sportives – ont pris des engagements volontaires dans tel ou tel secteur. Et tous les deux ans, ils doivent montrer ce qu’ils ont effectivement fait, quel a été le résultat de leurs actions. Et nous mêmes à la ville, nous nous sommes engagés de notre côté sur une centaine de points, que nous voulons mettre en œuvre. Et je dirais que nous avons de bonnes chances d’arriver à une réduction de 40% d’ici 2020.

Et ce qui est intéressant, c’est que notre compagnie de distribution d’électricité est sur le bon chemin. Nous avons 5 millions de tonnes de CO2 qui sont émises dans la ville. Or, notre compagnie de distribution a proposé de réduire ses émissions de 700000 tonnes, en utilisant mieux la cogénération. Sans compter une autre diminution de 700000 tonnes, grâce à une meilleure utilisation énergétique. Par exemple, une meilleure isolation des logements, qui évitent des déperditions énergétiques. Et, si nous parvenons à mettre en place le programme d’isolation des logements, on arrivera je crois à cet objectif, de 40% d’ici 2020. C’est tout à fait réalisable. Je pense que c’est un programme tout à fait clair, et tout à fait mesurable également.

Ruth Stégassy : Oui, un programme très clair et très mesurable, en effet. Mais ce qui n’est pas mesurable, c’est le nombre de personnes qui seront d’accord pour changer leur mode de vie, et aussi en combien de temps.

Hans Mani Rauf : Vous savez, cela fait longtemps que je travaille à l’éducation, à la formation. Et au fil du temps, j’en suis venu à la conclusion que les gens ne changent pas vraiment, en réfléchissant. J’ai un peu perdu mes illusions. Je pense que les gens changent, lorsqu’ils n’ont pas le choix, et qu’ils sont obligés de changer.

Par exemple, le transport public. Les gens ne vont pas utiliser davantage le transport public, si vous leur dites 100 fois : s’il vous plaît, soyez gentil de prendre le bus. Non ; ils le feront si l’essence augmente et coûte trop cher. Alors, il faut que le réseau de transport soit de qualité ; c’est absolument essentiel. Mais, ils ne vont pas changer leurs habitudes. On l’a constaté. Si le fait de prendre la voiture permet d’arriver 5 minutes plus tôt au bureau, les gens vont prendre la voiture. En revanche, si le prix de l’essence augmente, ou qu’il n’y a pas de possibilité de stationnement – des choses vraiment tangibles et objectives -, là, les comportements changent.

Donc, bien sûr nous faisons de la sensibilisation et de l’éducation ; cela fait partie de notre travail. Mais je crois que toute cette sensibilisation ne fonctionnera pas s’il n’y a pas une flambée des prix de l’énergie. On l’a vu dans les années 1970. Après 1975, il y a beaucoup de choses qui ont marché. A ce moment là, le prix de l’énergie a chuté à nouveau, et on a tout oublié, les histoires d’économies. Il faut attendre que le prix de l’énergie augmente à nouveau pour que les gens changent dans leur comportement.

Ruth Stégassy : Le danger bien sûr, c’est que ça peut devenir très tentant de recourir à un système autoritaire, dans ces conditions.

Hans Mani Rauf : Oui, que vous dire ? Effectivement, c’est un problème. C’est pour ça que nous avons dit que nous avions besoin de règles clairement définies par l’Etat. C’est l’Etat qui doit dire qu’on ne peut pas fabriquer un réfrigérateur qui ne soit aux normes d’électricité, et qu’on n’a pas le droit de vendre ce type de réfrigérateur. Vous savez, les gens vont toujours au moins cher. Alors si c’est proposé, ils vont l’acheter. bien souvent, quand on pense à long terme, on va acheter plus cher initialement, mais les choses reviennent moins cher sur 10 ans. Donc il faut je crois, se doter de ce cadre, clairement établi.

Ruth Stégassy : Par exemple, on devrait interdire aux voitures d’émettre plus de 120 g de CO2 au km ?

Hans Mani Rauf : Voilà un excellent exemple de quelque chose qui peut se mener facilement sur le long terme. Tant pis si ça ne marche pas vraiment dès l’année prochaine ; moi je travaille vraiment sur le long terme ces dernières années, dans les programmes que je mets en place. Si on décide par exemple qu’en 2010, les flottes de véhicules dans les entreprises ne doivent plus émettre plus de 150 g, et qu’en 2015 ils auront droit à 120 g, et en 2020 90 g – c’est un exemple -, ça, c’est quelque chose qui est facile à organiser, et qui est très efficace.

Ruth Stégassy : Si ce n’est que les voitures, c’est aussi 50000 empois à Hanovre, Hans Mani Rauf. En tant que directeur du département économique, quel pouvoir avez-vous face à ça ? C’est le secteur le plus problématique partout.

Hans Mani Rauf : Vous savez, lorsque les constructeurs se mettent à faire des voitures efficaces sur le plan énergétique, cela va créer des emplois. Il faut simplement créer des voitures plus intelligentes. Et je dirais que le débat est assez simple en ce moment. Il est vrai qu’il y a 3000 personnes qui travaillent à Hanovre sur la protection contre le réchauffement climatique. On voit que cela crée des emplois. Je pourrais en parler pendant des heures et des heures : il y a un programme.

Nous avons mis en place en place un fonds doté de 5 millions d’euros par an. Et nous attribuons des fonds à 1000 projets qui sont développés dans la ville. Donc ces gens développent des projets qui leur permettent d’améliorer l’isolation du logement. Et cela représente des emplois, évidemment, au plan local.

Ruth Stégassy : D’accord. Mais ce n’est toujours que 3000 emplois, contre 50000 pour l’industrie automobile.

Hans Mani Rauf : Oui, mais il n’y a pas 50000 emplois automobiles à Hanovre, c’est moins que ça. Mais ce qui est évident, c’est que l’industrie automobile va chuter, régresser, on le sait. Nous avons une entreprise qui s’appelle Hanover Impulse, qui travaille sur la création d’emplois. Et ça ne pose pas de problème. Vraiment, tout le monde est convaincu que l’environnement est créateur d’emploi. C’est vraiment une image extrêmement positive en ce moment, cela ne pose aucun problème.

Ruth Stégassy : Pourquoi ? A cause de la crise économique ? A cause de la nécessité de relocaliser les activités ? Est-ce que vous croyez à la relocalisation de l’économie ?

Hans Mani Rauf : Bien sûr, nous essayons de relocaliser. Nous avons un certain nombre de programmes. Par exemple, les petites unités de cogénération, dans des endroits où il n’y a pas le chauffage de ville. Nous allons donc donner des financements à deux entreprises qui existent ici, et qui exploitent un cogénérateur. Et évidemment, on dit aux gens : l’argent reste ici, sur place. Il est injecté dans l’économie locale.

Ruth Stégassy : Donc finalement, ça serait une affaire de communication ?

Hans Mani Rauf : Je vais vous raconter une petite histoire. Les Verts et les socio-démocrates voulaient faire une journée sans voiture à Hanovre. Et moi je me suis dit : ce n’est pas du tout une bonne idée ; les gens détestent qu’on leur interdise de faire quelque chose. Alors je leur ai dit : je vais essayer, je veux bien organiser quand même, d’accord. Il faut me donner un petit peu d’argent pour une journée sans voiture. Mais alors je me suis dit : moi, au lieu d’appeler journée sans voiture, appelons ça plutôt, journée pour se réapproprier la rue. Et donc, on a organisé cet événement pour la première fois l’année dernière. Nous en sommes donc à la 2ème édition. Et cette année, 120 groupes différents ont participé à cette initiative. Ils ont monté des événements, l’école d’art a peint les chaussées sur la grande artère la plus passante de la ville. Et les cyclistes de leur côté ont envahi également la chaussée. 120 groupes ont montré comment ils estimaient pouvoir vivre sans voiture. Ca a été vraiment une réussite.

Nous avons d’ailleurs travaillé avec les deux plus gros journaux locaux. L’un d’eux a organisé un concert. Et ils ont totalement joué le jeu. Ca s’est très bien passé : 80000 personnes. Une ville sans voiture, et les gens ont aimé cette ville sans voiture. Et c’est comme ça qu’on fait évoluer les mentalités, et qu’on change les esprits. Alors les initiatives, elles doivent être symboliques ; il faut qu’elles soient porteuses de symboles positifs.

 

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